| camarade-lenine |  | | 150 messages postés |
| Posté le 21-06-2006 à 17:07:02
| Droits de l Homme à lONU : Allocution de M.Perez Roque, Ministre des Affaires Etrangères de Cuba. Aujourdhui est un jour hautement symbolique. Cuba est membre fondateur du Conseil des droits de lhomme ; les Etats-Unis, non. Cuba a été élue par cent trente-cinq pays, plus des deux tiers de lassemblée générale des Nations Unies ; les Etats-Unis nont même pas osé présenter leur candidature. Cuba avait des raisons de faire confiance au vote secret ; les Etats-Unis en avaient peur, pour les mêmes raisons. Lélection de Cuba est la victoire des principes et de la vérité, la reconnaissance du courage de notre résistance. Labsence des Etats-Unis est la déroute du mensonge, la punition morale de larrogance impériale. Lélection a supposé une évaluation exigeante. Chacun a reçu ce quil méritait : Cuba a été récompensée ; les Etats-Unis ont été châtiés. Chacun avait son histoire, et les pays qui votaient la connaissaient pertinemment. Les pays africains se rappelaient que plus de deux mille combattants cubains ont versé leur sang généreux dans la lutte contre le régime ignominieux de lapartheid, celui-là même que les Etats-Unis soutenaient et équipaient, y compris darmes atomiques. Cuba, au jour de lélection, pouvait faire état de presque trente mille médecins en train de sauver des vies et de soulager la douleur dans soixante-dix pays ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, de cent cinquante mille soldats envahisseurs, envoyés pour tuer et mourir dans une guerre injuste et illicite. Cuba, au jour de lélection, pouvait faire état de plus de trois cent mille patients de vingt-six pays latino-américains et caribéens ayant retrouvé la vue grâce aux opérations réalisées gratuitement par des ophtalmologues cubains ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, de plus de cent mille civils assassinés et de deux mille cinq cents jeunes étasuniens morts dans une guerre ourdie pour voler le pétrole dun pays et faire cadeau de juteux contrats aux petits amis du président de la seule superpuissance de notre planète. Cuba, au jour de lélection, pouvait faire état de plus de vingt-cinq mille jeunes de cent vingt pays du tiers monde faisant des études gratuites dans ses universités ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, dun camp de concentration à Guantánamo où lon torture les prisonniers et où les geôliers déclarent officiellement que le suicide de trois hommes « nest pas un acte de désespoir, mais un acte de guerre et de propagande ». Cuba, au jour de lélection, pouvait faire état davions transportant ses médecins et ses hôpitaux de campagne là où étaient survenues des catastrophes naturelles ou des épidémies ; les Etats-Unis pouvaient faire état, eux, davions transportant en secret dune prison à une autre des prisonniers drogués et menottés. Cuba, au jour de lélection, proclamait la primauté du droit sur la force, défendait la Charte des Nations Unies, réclamait un monde meilleur et se battait pour ; les Etats-Unis proclamaient, eux : « Qui nest pas avec moi est contre moi. » Cuba, au jour de lélection, proposait dallouer le billion de dollars gaspillé tous les ans en armes à la lutte contre la mort qui frappe, pour des causes que lon pourrait prévenir, onze millions denfants de moins de cinq ans et six cent mille femmes pauvres en couches ; les Etats-Unis proclamaient, eux, leur droit de bombarder et de raser « à titre préventif » ce quils ont appelé dun ton méprisant « nimporte quel trou perdu de la planète » au cas où lon résisterait à leurs visées, y compris La Haye si le Tribunal pénal international prétendait juger un de leurs soldats. Tandis que Cuba défendait les droits du peuple palestinien, les Etats-Unis étaient, eux, le principal soutien des crimes et des atrocités dIsraël. Tandis que le gouvernement des Etats-Unis livrait des centaines de milliers de personnes, la plupart des Noirs et des pauvres, à la furie du cyclone Katrina, Cuba offrait, elle, denvoyer sur-le-champ mille cent médecins qui auraient pu sauver des vies et soulager des souffrances. Je pourrais égrener ainsi des raisons à linfini. Je voudrais juste ajouter que cest le gouvernement des Etats-Unis qui noccupe pas son siège comme membre du Conseil, non le peuple étasunien. Celui-ci sera représenté par les autres, Cuba comprise. Notre délégation se constituera aussi en porte-parole des droits du peuple étasunien, en particulier de ses secteurs les plus discriminés et marginalisés. Le fait est, toutefois, que les Etats-Unis nont pas été seuls dans leurs manigances et pressions grossières et désespérées pour empêcher lélection de Cuba. Un petit groupe dalliés les a accompagnés jusquau bout. Ceux de toujours. Pour la plupart, des bénéficiaires de lordre mondial injuste et fondé sur lexclusion, danciennes métropoles coloniales qui nont toujours pas payé leur dette historique envers les pays qui furent leurs colonies. Cuba connaît parfaitement, jusque dans ses moindres détails, laccord secret négocié à Bruxelles aux termes duquel lUnion européenne sest engagée à ne pas voter pour notre pays et à travailler étroitement de concert avec les États-Unis à bloquer notre candidature. Mais léchec a été total. Il savère que Cuba a été élue sans son soutien, tandis que son allié incommode, dont elle a besoin comme gendarme qui garantisse ses privilèges et son opulence gaspilleuse, na même pas pu se présenter aux élections. On entend sélever maintenant dans les couloirs et les salles de cet édifice des appels réitérés à « commencer de nouveau », à « faire souffler un vent nouveau sur le Conseil », de la bouche même des responsables de la manipulation, de lhypocrisie et de la sélectivité qui ont fait naufrager la Commission antérieure. Je tiens à souligner quil ne suffit pas de biffer le passé pour repartir du bon pied ou de lancer quelques fleurs de rhétorique édulcorée pour régler les problèmes. Nous avons besoin de faits, non de belles paroles. Si les déclarations des porte-parole de lUnion européenne sont sincères et si nous assistons vraiment à un mea culpa, nous attendons toujours, néanmoins, une rectification de sa part. Non pour Cuba. Non parce quelle sest acoquinée avec les Etats-Unis pour tenter dempêcher notre élection. Non parce quelle na même pas été capable de se doter dune politique fondée sur la morale et indépendante envers Cuba. Si nous attendons une rectification de lUnion européenne, cest parce quelle a empêché lan dernier la Commission des droits de lhomme de se prononcer sur louverture dune enquête concernant les violations massives, flagrantes et systématiques des droits de lhomme commises dans la base navale de Guantánamo. Cest parce quelle a gardé un silence complice devant les centaines de vols secrets réalisés par la CIA pour transporter des personnes séquestrées et létablissement de prisons clandestines en Europe même, où lon torture et humilie les prisonniers, et quelle a continué à ce jour dempêcher hypocritement que lon enquête sur ces faits et quon les éclaircisse. Parce que lUnion européenne na pas eu le courage de punir exemplairement les misérables manifestations dirrespect envers dautres religions e dautres coutumes. Parce que lUnion européenne a été le complice des Etats-Unis dans la conversion de lancienne Commission en une sorte dinquisition contre les pays du Sud, et que nous espérons que ce scénario ne se répétera pas. Parce que lUnion européenne na même pas reconnu sa dette historique envers la centaine de pays, aujourdhui nations indépendantes au bout dannées de lutte et de sacrifices, qui étaient ses colonies exploitées quand, voilà cinquante-sept ans, le reste de lhumanité adoptait la Déclaration universelle des droits de lhomme où il est affirmé paradoxalement : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits." Excellences, Cette session peut marquer le début dune nouvelle étape dans la lutte pour créer un système véritable de promotion et de protection de tous les droits de lhomme étendus à tous les habitants de la planète, et non aux seuls riches et privilégiés. Mais il y faudra un changement radical, une vraie révolution des conceptions et des méthodes qui ont entravé lancienne Commission. Cuba ne se fait pas dillusions quant à la disposition réelle des pays développés, alliés des Etats-Unis, à faire ce pas capital et historique. Elle leur concédera toutefois le bénéfice du doute. Elle attendra et les observera. Si le Conseil uvre pour concrétiser les promesses proclamées aux quatre vents, alors, il pourra compter sur Cuba. Si le passé se répète et si le Conseil redevient un champ de bataille, soyez sûrs que Cuba reprendra sa place dans les tranchées didées du tiers monde. Mais que lon ne compte pas sur Cuba pour transformer le Conseil en tribunal exclusif contre les pays sous-développés et pour assurer limpunité des pays du Nord. Ni pour utiliser contre des pays rebelles la clause permettant lexpulsion du Conseil, ni pour recourir encore et toujours, dune manière politisée et sélective, à des résolutions pour punir des pays qui refusent de courber le front. Que lon ne compte pas non plus sur Cuba pour utiliser le nouveau mécanisme de révision périodique universelle en tant quinstrument de nouvelles pressions et campagnes médiatiques. Que lon ne compte pas non plus sur Cuba pour défendre le mensonge et agir hypocritement. Mais sil sagit de lutter pour la vérité et la transparence, de défendre le droit à lindépendance, à lautodétermination, à la justice sociale, à légalité, alors, oui, lon pourra compter sur Cuba. Ainsi que de défendre le droit à lalimentation, à léducation, à la santé, à la dignité, à une vie décente. Sil sagit de défendre la démocratie réelle, la participation véritable, la vraie jouissance de tous les droits de lhomme, lon pourra compter sur Cuba. Mais que lon ne compte pas sur Cuba pour coopérer avec nimporte quel envoyé, représentant ou rapporteur dont le mandat aurait été imposé de force ou après chantage. En revanche, sil sagit de coopérer sur un pied dégalité avec le Conseil et ses mécanismes non sélectifs, lon pourra compter sur Cuba. Sil sagit de faire silence et de ne pas dénoncer le blocus économique cruel dont nous sommes victimes depuis plus que quarante ans, ou de ne pas réclamer le retour dans leur patrie de cinq jeunes Cubains, combattants antiterroristes purs et courageux, incarcérés injustement et illégalement aux Etats-Unis, que lon ne compte pas sur la coopération de Cuba. Sil sagit de renoncer à un seul principe, que lon ne compte pas sur Cuba. Mais sil sagit de défendre le noble idéal dun monde meilleur pour tous, alors lon pourra toujours compter sur Cuba. Je tiens finalement, au nom du peuple cubain qui là-bas, dans notre patrie, rêve, bâtit et défend sa Révolution, à remercier tout spécialement nos frères du tiers monde davoir soutenu décisivement lélection de Cuba au Conseil des droits de lhomme et à leur redire que les Cubains ne trahiront jamais la confiance quils ont déposée en nous. À ladresse de ceux qui soutiennent la lutte de Cuba pour ses droits, qui est aussi la lutte pour les droits de tous les peuples du tiers monde et des forces progressistes et démocratiques du premier monde, voici notre message : Jusquà la victoire à jamais ! À ladresse de ceux qui attaquent Cuba et de leurs complices, voilà notre message : La patrie ou la mort ! Nous vaincrons ! Felipe Perez Roque, Ministre des Affaires Etrangères de Cuba. Source : Mission Permanente de Cuba à Genève http://www3.itu.ch/MISSIONS/Cuba/ http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3789
Message édité le 21-06-2006 à 17:08:07 par camarade-lenine |
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